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par theseus1
ven. 28 avr. 2017 21:16
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Sujet : [Les inspirations] Les Enquêtes de Kindaichi
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Re: Les inspirations

Deep blue : épisodes 126 à 130

I Des évocations de terres immergées
A Le site sous-marin Yonaguni[/u]
- Dans l’enquête de Kindaichi sur l’île « Deep blue » (bleu profond), qui se trouve dans les environs d’Okinawa dans l’archipel des Ryukyu, (situé au sud du Japon), de mystérieuses ruines immergées sont évoquées. (On peut voir ce site sous-marin au début de l’épisode 126, notamment juste avant l’apparition du titre).
Il s’agit d’évocation claire du site sous-marin de Yonaguni. C’est une formation gréseuse (en grès) sous-marine située, à 22 mètres de profondeur, dans les eaux de la pointe d’Arawa, à l’extrémité sud de l’île Yonaguni dans l’archipel japonais Ryukyu. (cf. la carte ci-joint : le numéro 50)
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Capture d’écran 2017-04-26 à 18.42.21.jpg (141.63 Kio) Vu 18208 fois
- Ce site sous-marin a été découvert en 1985 par le japonais Kihachiro Aratake, un organisateur de plongées touristiques. (Alors que dans le dessin anime Kindaichi, les ruines sous marines ont été découvertes, il y a longtemps, par le père de l’un des personnages de cette enquête.)

La structure sous-marine en question est constituée d’immenses plates-formes interrompues par des failles formant de grandes marches angulaires séparées par des parois à l’apparence lisse (les failles sont géologiquement récentes). La structure mesure plus ou moins 75 mètres de long et 25 mètres de haut. (cf. le schéma ci-joint et la vidéo de plongée ci-joint). https://www.youtube.com/watch?v=jO-G_54hBfs
copie117.jpg
copie117.jpg (81.52 Kio) Vu 18208 fois
En raison de son apparence, il y a une controverse sur l’origine du site sous-marin de Yonaguni. Certaines personnes, parmi lesquelles des chercheurs imaginent que ce site sous-marin pouvait être d’origine humaine. Alors que, plusieurs géologues qui se sont interrogé sur l’origine de la structure de Yonaguni pensent que ce site est d’origine naturelle et qu’il n’existe aucune preuve de son éventuelle origine humaine.

B Des évocations de terres mythiques englouties sous la mer

a Une évocation de l’Atlantide
Dans cette enquête de Kindaichi, le site de Yonaguni induit l’évocation de la cité engloutie de l’Atlantide. En effet, au début de l’épisode 126, on entend une discussion au sujet de l’Atlantide dans laquelle on apprend que ce mythe est narré dans deux livres écrits par le philosophe grec et athénien Platon (428 à 348 avant J.-C.) : Timée (24e-25d) et Critias (113d-120).
Miyuki précise (au début de l’épisode 126) qu’Atlantis a été engloutie par les eaux en une nuit. Effectivement, dans le Timée (25c-25d), on peut lire que suite à des tremblements de terres l’île Atlantide disparut sous la mer en l’espace d’un jour et d’une nuit.
Peu après (dans l’épisode de Kindaichi), un autre personnage intervient dans cette discussion et ajoute que « vers 590 avant Jésus-Christ Platon aurait résidé à Saïs en Égypte et aurait appris le savoir du haut–clergé local sur les anciennes civilisations ». En fait, ce que l’on sait d’après le Timée (20d-25e), c’est que Critias (l’un des personnages du dialogue Timée) tenait le récit de l’Atlantide de son grand père Driopidès qui se l’était vu confier par Solon (un législateur athénien du début du VIème siècle avant J.-C.), et lui-même en aurait eu connaissance par un prêtre égyptien de la cité de Saïs.
Par ailleurs, dans cette affaire de Kindaichi une arme du nom d’orichalque est évoquée. Il s’agit d’un matériau utilisé dans l’Atlantide. L’orichalque, qui signifie étymologiquement le cuivre des montagnes, est mentionné dans le Critias (114e-119d) en tant que matériau précieux servant à la construction de plusieurs édifices de l’Atlantide (l’enceinte de l’acropole, le temple de Poseidon et la colonne sur laquelle est écrite la loi transmise par Poseidon).

b Une évocation du continent mu (µ)

Par ailleurs, le continent mu est aussi évoqué à cause du site immergé de Yonaguni. Le continent mu est un continent de légende imaginé par l’écrivain anglais James Churchward dans son livre Le continent perdu de mu qu’il a publié en 1926.

II Les noms d’emprunts des terroristes


A Les noms de dieux
Dans cette de Kindaichi plusieurs personnages qui sont des terroristes portent des surnoms de divinités de l’Antiquité.
Selon les sous titres de kfr fansub, que l’on peut lire lors de la 1ère mention de ces surnoms, ce sont des noms de divinités de l’Égypte antique. En effet, Ir est un dieu de la vue dans l’Égypte antique, Mout est une déesse égyptienne (dont le temple principal se trouve à Karnak) et Anat était aussi vénérée en Égypte (à Tanis).
Contrairement à cette affirmation, plusieurs divinités citées : sont, en fait, originaires du proche orient ancien, c’est à dire qu’elles étaient vénérées à l’origine dans des villes antiques situées sur les territoires actuels de la Syrie et du Liban (par exemple Ougarit) : Baal (un dieu de l’orage et de la fertilité), Yam (un dieu de la mer) et Anat (une déesse guerrière).

B Shisa
Dans cette enquête de Kindaichi, le chef des terroristes se surnomme Shisa. Un Shisa est une sculpture (en céramique ou en plâtre) d’un animal à mi chemin entre le chien et le lion décorant les toits des maisons anciennes de l’île d’Okinawa et dans d’autres îles de l’archipel Ryukyu, dont fait aussi partie Yonaguni (cf. la photo ci-joint).Ces sculptures servent de talisman contre les esprits.
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Capture d’écran 2017-04-28 à 19.19.18.jpg (124.7 Kio) Vu 18208 fois
par theseus1
dim. 24 juil. 2016 15:39
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Sujet : Crossover Kindaichi/Detective Academie Q
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Re: Crossover Kindaichi/Detective Academie Q

Selon l'article de wikipedia en anglais sur les chapitres du manga Kindaichi : https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_T ... s_chapters , l'enquête sur l'alchimie se trouve dans les tomes 12 et 13 de la nouvelle série de ce manga. = kindaichi le retour première saison épisodes : 6 à 9.

12 Alchemy Murder Case (First Part)
Renkinjutsu Satsujin Jiken (Jō) (錬金術殺人事件(上)) November 17, 2010[60]
ISBN 978-4-0638-4405-4 —
File 33

1"Alchemy Murder Case 1" (錬金術殺人事件① "Renkinjutsu Satsujin Jiken Ichi"?)
2"Alchemy Murder Case 2" (錬金術殺人事件② "Renkinjutsu Satsujin Jiken Ni"?)
3"Alchemy Murder Case 3" (錬金術殺人事件③ "Renkinjutsu Satsujin Jiken San"?)
4"Alchemy Murder Case 4" (錬金術殺人事件④ "Renkinjutsu Satsujin Jiken Yon"?)
5"Alchemy Murder Case 5" (錬金術殺人事件⑤ "Renkinjutsu Satsujin Jiken Go"?)
6"Alchemy Murder Case 6" (錬金術殺人事件⑥ "Renkinjutsu Satsujin Jiken Roku"?)
7"Alchemy Murder Case 7" (錬金術殺人事件⑦ "Renkinjutsu Satsujin Jiken Nana"?)
8"Alchemy Murder Case 8" (錬金術殺人事件⑧ "Renkinjutsu Satsujin Jiken Hachi"?)

13 Alchemy Murder Case (Second Part)
Renkinjutsu Satsujin Jiken (Ge) (錬金術殺人事件(下)) November 17, 2010[61]
ISBN 978-4-0638-4406-1 —
File 33

9"Alchemy Murder Case 9" (錬金術殺人事件⑨ "Renkinjutsu Satsujin Jiken Kyū"?)
10"Alchemy Murder Case 10" (錬金術殺人事件⑩ "Renkinjutsu Satsujin Jiken Jū"?)
11"Alchemy Murder Case 11" (錬金術殺人事件⑪ "Renkinjutsu Satsujin Jiken Jūichi"?)
12"Alchemy Murder Case 12" (錬金術殺人事件⑫ "Renkinjutsu Satsujin Jiken Jūni"?)
13"Alchemy Murder Case 13" (錬金術殺人事件⑬ "Renkinjutsu Satsujin Jiken Jūsan"?)

Dans l'enquête sur l'alchimie, je ne sais pas quels personnages correspondent à ceux de Detective Academie Q.
par theseus1
lun. 27 juin 2016 12:13
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Sujet : [Les inspirations] Les Enquêtes de Kindaichi
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Re: Les inspirations

Hanako san

Dans l’enquête de Kindaichi « l’école fantôme » (épisodes 122 -123 -124) se trouve des allusions au fantôme d’Hanako-san qui apparaît dans les toilettes.
C’est une référence à la légende urbaine japonaise d’Hanako-san qui est le fantôme d’une terrifiante jeune fille qui hante les toilettes des filles dans certaines écoles (par exemple à Kurosawajiri).

À la fin de l’épisode 122 de Kindaichi, le vêtement d’Hanako est décrit (par une fillette qui apparaît plusieurs fois dans cette enquête) : à l’origine elle portait une blouse blanche qui est devenue rouge à cause du sang qu’elle a vomi, avant de mourir peu après dans les toilettes.
De même, dans cette légende urbaine japonaise, Hanako-san est généralement décrite comme étant habillée avec un vêtement rouge et elle est censée être morte dans les latrines.
(Il existe plusieurs versions de la mort d’Hanako san dans les toilettes : tuée par un la chute d’un obus pendant la seconde guerre mondiale, ou assassinée ou suicidée.)

Comme dans cette enquête de Kindaichi, la visite chez Hanako san (dans les toilettes) est souvent utilisée comme test de courage ou bizutage dans plusieurs écoles du Japon.

Finalement, on apprend à l’épisode 124, que la fillette qui apparaît souvent dans cette enquête de Kindaichi, s’appelle aussi Hanako et quelle est morte avant cette enquête (c’est un spectre) ; d’ailleurs il y a une grande ressemblance entre ses vêtements et ceux qui sont portés traditionnellement par le fantôme d’Hanako-san.
par theseus1
dim. 13 déc. 2015 17:47
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Sujet : [Les inspirations] Les Enquêtes de Kindaichi
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Re: Les inspirations

Dans les épisodes 109 et 110 de Kindaichi, où se déroule l’enquête « le concert magnifique du jeune Akechi », est évoqué l’opéra « Der Freischütz » crée par Carl Maria Von Weber en 1820. D’ailleurs, on peut entendre à la 19ème minute de l’épisode 109, l’ouverture de cet opéra (cf. la video du concert ci-joint) : https://www.youtube.com/watch?v=QAgjGeML0cE .

La traduction littérale de der freischütz est : le franc tireur.
Voici le résumé de l’opéra der freischütz :
L’action se passe en Bohème, au XVII siècle. Max, jeune garde-chasse du Prince, considéré comme le meilleur tireur des environs, se désole car il vient de perdre un concours de tirs, où a triomphé un simple paysan, Killian. Max doit participer le lendemain à un autre concours de tirs qu’il doit absolument gagner pour obtenir la main de celle qu’il aime, Agathe. Le forestier Kaspar, qui a vendu son âme au maléfique Samiel propose alors à Max de lui procurer des balles magiques. Dans l’effrayante Gorge aux loups, les deux hommes fondent sept balles qui ne ratent jamais leur but. Max ignore que la dernière obéira à la volonté de Samiel et qu’elle est destinée à sa fiancée, Agathe. Le concours de tirs se déroule en présence du Prince qui ordonne à Max de tirer sur une colombe : la colombe s’envole et Agathe tombe inanimée. Heureusement elle n’est pas morte car un ermite a détourné le coup sur le sinistre Kaspar qui meurt en blasphémant. Max avoue avoir pactisé avec le diable par désespoir et faiblesse et le Prince lui impose un délai d’un an avant de pouvoir épouser Agathe.

On remarque que l’enquête d’Akechi (épisode 110) fait référence aux 7 balles magiques de Der Freischütz.
par theseus1
sam. 8 août 2015 17:42
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Sujet : Le jeu de "trouve l'anime"
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Re: Le jeu de "trouve l'anime"

par theseus1
mar. 30 juin 2015 22:56
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Sujet : [Les inspirations] Les Enquêtes de Kindaichi
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Re: Les inspirations

L’enquête de Kindaichi « meurtres à l’hôtel occidental » est au départ un jeu de rôle sur le thème du meurtre dans un hôtel.

I murder party
Cette enquête est inspirée du jeu de « murder party » (cf. wikipedia).
Une murder party est un jeu de rôle consistant à résoudre une énigme policière, en incarnant les protagonistes de l'histoire. Il s'agit d'une forme de jeu de rôle, en grandeur nature, un croisement entre théâtre d'improvisation, jeu d'enquête, aventure policière. L'un des intérêts principaux du jeu est de jouer les rôles des personnages d'une histoire criminelle.
Au début des années 1930, certains hôtels luxueux d'Angleterre organisèrent les premières murder parties. Dans une atmosphère très british, ils proposaient des week-ends policiers au cours desquels leurs clients fortunés jouaient au détective-amateur sans toutefois vraiment s'impliquer dans un rôle. Des comédiens dissimulés parmi la population de l'hôtel (personnel et clients) déroulaient la trame d'une intrigue policière devant les yeux ébahis des participants, qui assistaient plus à une espèce de film qu'ils ne prenaient vraiment part à l'enquête.
Chaque joueur ne connait au départ que ce que son personnage sait de l'histoire : qui il est, pourquoi il est là, s'il est l'assassin. Seul l'organisateur connait les objectifs et détails de l'histoire. L'assassin cherchera à ne pas se faire démasquer, les enquêteurs tenteront de le trouver, tout en respectant les motivations de leur rôle comme s'ils étaient vraiment le personnage qu'ils vont incarner.
Il s'agit d'ailleurs ici du principe général de tout jeu de rôle : chaque joueur doit incarner et jouer son personnage du mieux possible, en respectant en priorité absolue les enjeux, le caractère, le contexte du personnage. Le joueur doit disparaitre derrière le personnage.

II Momotaro
Au début de l’épisode 70 de l’animé qui fait partie de l’enquête de « l’hôtel occidental », Hajime, Miyuki, Fumi et Saki sont réunis (ce n’est pas le cas dans le manga…). Fumi dit : « Nous sommes des amis : singe, chien et faisan ». Et Hajime répond : « Et moi je suis Momotaro ! »
C’est une référence explicite au mythe japonais de Momotaro. Selon la légende, Momotarō est venu sur Terre dans une pêche qui descendait une rivière. Cela explique son nom qui signifie « garçon de pêche » en japonais. Il a été découvert par une vieille femme qui y lavait son linge. Celle-ci l'a adopté et élevé avec son mari. Momotarō leur explique qu'il a été envoyé par les cieux pour être leur fils.
Cependant, Momotarō était paresseux et trouvait des excuses pour ne pas travailler. Quand il se décida à aller chercher « un peu » de bois, il revint avec un arbre énorme. Ceci attira sur lui l'attention du seigneur, lequel lui demanda de quitter ses parents pour aller combattre des démons sur l'île d'Onigashima.
En chemin, Momotarō rencontre un chien, un singe et un faisan avec lesquels il se lie d'amitié. Ils vaincront les démons et leur chef, Ura. Il retournera chez ses parents avec ses amis et le trésor des démons. Lui et sa famille passèrent une vie agréable tous ensemble. (cf. wikipedia).

III Des mythes grecs évoqués

A – Narcisse
Dans le tome 8 du manga Kindaichi (pas dans l’animé), on apprend que la pièce qui est jouée dans « l’hôtel occidental » s’intitule « le miroir de Narcisse » et qu’elle a pour sujet des meurtres.
C’est une allusion claire à la légende de Narcisse. Ce chasseur est tombé amoureux de lui-même en regardant son reflet dans une source et à cause de cela, juste après, il s’est suicidé (cf. Ovide, Métamorphoses, III, 416-503). (Auparavant, le devin Tirésias avait prophétisé que Narcisse vivrait longtemps : s’il ne se connait pas. cf. Ovide, Métamorphoses, 322-348.)

B – Persée et Méduse
Dans les tomes 8 et 9 du manga Kindaichi (pas dans l’animé), on voit, dans « l’hôtel occidental », la statue du héros Persée qui porte un bouclier et une épée, la statue de la gorgone Méduse qui a des serpents à la place des cheveux.
Selon le mythe, les gorgones pouvaient pétrifier tous ceux qui croisaient son regard. C’est Persée qui a tué Méduse (la seule gorgone mortelle), après s’être procuré notamment des sandales ailées permettant de voler. D’après la bibliothèque d’Apollodore (II, 4, 2) (traduction de J.C. Carrière et B. Massonie) : « Persée se plaça au dessus de leurs corps endormis [des gorgones] et, grâce à l’aide d’Athéna qui dirigeait son bras, en tournant la tête et en fixant un bouclier de bronze où il voyait le reflet de la gorgone, il décapita Méduse. » D’ailleurs le bouclier de Persée a son utilité dans l’enquête de Kindaichi à « l’hôtel occcidental »...
par theseus1
lun. 18 mai 2015 19:13
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Sujet : [Les inspirations] Les Enquêtes de Kindaichi
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Re: Les inspirations

Je rajoute une précision sur l'histoire des chrétiens du Japon évoquée dans l'enquête à propos du trésor d'Amakusa : les dernières persécutions de chrétiens au Japon ont eu lieu entre 1868 et 1873, après le retour des missionnaires (des missions étrangères de Paris). (En 1865, le père Petitjean vient de faire construire l’église d’Oura, à Nagasaki, sur une concession française et les premiers paroissiens étaient des européens. Des chrétiens cachés venant d’Urakami sont alors arrivés à cet église. Mais dès 1868, ils ont été déportés et condamnés aux travaux forcés. Cela a provoqué l’indignation de l’opinion publique occidentale et des puissances étrangères présentes au Japon pour que ce pays abolisse l’édit de persécution. Ce n’est qu’en 1873 que les déportés d’Urakami ont pu rentrer chez eux.)
Ce n'est qu'en 1889 que la loi sur la liberté religieuse a été promulguée au Japon.

Cette même enquête fait aussi référence à 2 hommes sensés avoir chacun laissé un trésor, qui sont célèbre de l'histoire du Japon, (qui n'ont rien à voir avec l'histoire des chrétiens) : Yui Shosetsu et Sassa Narima.

Yui Shosetsu 1605- 1651) est un samouraï. Il a dirigé une école de samouraï, puis il a raté sa tentative de coup d'état contre le shogun Tokugawa (de l'époque) en 1645 (ce qui a causé son suicide).
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Sassa Narimasa (1536-1588) est un samouraï qui a joué un rôle politique important au Japon et qui a dirigé certaines provinces de ce pays (celle d'Etchu et celle d'Higo). (comme Yui il s'est lui aussi suicidé : sur l'ordre de son chef, car il a échoué a réprimer une rébellion locale.)
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par theseus1
sam. 16 mai 2015 18:33
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Sujet : [Les inspirations] Les Enquêtes de Kindaichi
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Re: Les inspirations

Dans l'enquête meurtres dans le château des statues de cire, le propriétaire du château s'appelle monsieur Redrum (l'inverse de murder : meurtre en anglais).

Il me semble que c'est une référence à Shining (l'enfant lumière) : un roman d'horreur écrit par Stephen King publié en 1977 et adapté en film en 1980.

En effet, dans ce film, l'un des personnage, un enfant appelé Daniel Anthony Torrance, écrit REDRUM sur des murs : https://www.youtube.com/watch?v=wUYIDWe_wys
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par theseus1
lun. 13 avr. 2015 19:05
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Sujet : [Les inspirations] Les Enquêtes de Kindaichi
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Re: Les inspirations

II Résumé de l’histoire des chrétiens à Amakusa et ses environs
1 géographie d’Amakusa et de ses environs

L’archipel Amakusa est situé au sud du Japon, près de l’île de Kyushu, au sud de la péninsule de Shimabara et au sud-est de la ville appelée Nagasaki.
Cf. 2 fichiers joints :
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et
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2 l’arrivée du christianisme
Dès 1549, le premier missionnaire jésuite arrivé au Japon, François Xavier est l’un des fondateurs de cet ordre ; quelques années après, des jésuites d’origine portugaise suivent. Dans les années 1580 les jésuites fondent des séminaires et leur collège à Amakusa. L’ordre des franciscains est aussi présent à cette époque là au Japon. Cette époque coïncide avec l’ère Tensho (1573-1592) (cette époque est évoquée plusieurs fois dans l’enquête de Kindaichi à propos d’Amakusa). Du fait de l’influence des jésuites, Le christianisme commence alors à se développer dans la région de Kyushu et certains seigneurs féodaux japonais font parti des convertis. Quelques années plus tard au début du XVIIème siècle, il y a près de 500 000 chrétiens au Japon.

3 la répression du christianisme par les autorités japonaises
Les principaux dirigeants japonais restent des adeptes du bouddhisme et du shintoïsme. Or, certains d’entre eux, ont peur du succès du christianisme. Dès 1587, l’expulsion des missionnaires a été proclamée.
Les jésuites parviennent pourtant à maintenir leur présence jusqu’en 1613 et le christianisme continue de se développer.
Les persécutions anti-chrétiennes reprennent. L’un des exemples les plus célèbres de cette répression est la crucifixion de 26 chrétiens en 1597, dans les environs de Nagasaki.
En 1600, après la victoire de ses troupes à la bataille de Sekigahara (évoquée dans l’enquête de Kindaichi, le samouraï maudit), le shogun Tokugawa prend le pouvoir sur l’ensemble du Japon. L’époque, pendant laquelle les Tokugawa successifs ont régné sur l’archipel japonais, s’appelle l’ère Edo (l’ancien nom de la ville de Tokyo) qui dure de 1600 à 1868 (cette époque est évoquée à plusieurs reprises dans cette enquête de Kindaichi à Amakusa). C’est une période de profond isolationnisme pour le Japon qui refuse alors l’influence européenne.
Pour les chrétiens, la situation devient difficile en 1614, lors de la proclamation de l’édit de persécution des chrétiens. Dans les années qui suivent des chrétiens sont contraint d’abjurer leur foi, certains sont tués, des églises sont détruites.

C’est dans ce contexte que se produit la révolte de Shimabara en 1637 et 1638 (cette insurrection est évoquée dans l’enquête de Kindaichi à Amakusa). Amakusa et Shimabara sont alors dirigés par des partisans des Tokugawa, qui s’attirent l’hostilité de la population locale par des répressions anti-chrétiennes et des augmentations de taxes. Le jeune Amakusa Shiro, qui est le fils d’un ancien vassal du clan du daimyo chrétien, Konishi, prend alors la direction de la rébellion. Les insurgés s’emparent du village d’Arima, puis se regroupent dans le château de Hara (dans la péninsule de Shimabara). Ils parviennent d’abord à repousser 2 offensives des troupes du shogun. Mais en 1638, à la suite d’un assaut, les 37 000 insurgés sont exterminés pendant 3 jours. Amakusa Shiro fait parti des personnes tuées, il n’avait que 17 ans.
(Cf. la statue ci-dessous visible dans l’épisode 95 à 11mn14 du début de l’épiode)

Dans les années suivantes l’isolement du Japon et la répression antichrétienne se renforcent avec notamment le bannissement des portugais en 1639 et la mise en place d’une police destinée à la traque des chrétiens.

Malgré toutes ces difficultés, le christianisme parvient à survivre à Amakusa et dans ses environs grâce aux chrétiens cachés.
On a vu notamment (dans l’épisode 95 de Kindaichi) qu’ils vénéraient des statues de la vierge Marie déguisées en déesse Kannon. (Pour les bouddhistes japonais Kannon a l’apparence d’une femme et personnifie la compassion).
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200px-The_Virgin_Mary_disguised_as_Kanon_Japan.jpg (15.1 Kio) Vu 34055 fois
4 La réouverture du Japon aux influences extérieures notamment dans le domaine de la religion
En 1853, une flotte de guerre, venant des Etats-Unis et dirigée par le commodore Perry arrive devant Tokyo. Perry exige l’ouverture du Japon au commerce, et menace le shogun de bombarder la ville. Le shogun a donc été contraint de céder devant les exigences américaines.

Quelques années plus tard en 1867, le 15ème shogun Tokugawa cède le pouvoir à l’empereur, le jeune Mutsohito. L’époque du règne de ce souverain s’appelle l’ère Meiji (1868-1912) (elle est évoquée dans l’épisode 95 de Kindaichi).
À partir de là, le Japon s’ouvre aux influences européennes et notamment dans le domaine religieux, où les persécutions sont définitivement terminées.
Dans les années suivantes des missionnaires chrétiens arrivent au Japon. En 1863, le prêtre français Bernard Petitjean arrive à Nagasaki et il est bien accueilli par les chrétiens cachés des environs. Dans cette ville de Nagasaki, il fonde en 1864 l’église d’Oura (la plus ancienne du Japon). Depuis cette époque le christianisme s’est bien développé au Japon, surtout dans les régions anciennement chrétiennes. En effet, la plupart des chrétiens cachés sont retournés dans le giron de l’église.

Il existe encore sur les îles d’Amakusa, Goto et Ikitsuki, une minorité de chrétiens cachés. Ils ont conservés leurs anciens rites de générations en générations, notamment des prières en latin que les missionnaires avaient enseignées à leurs ancêtres.
http://www.lejourduseigneur.com/Web-TV/ ... oi-nippone
par theseus1
dim. 12 avr. 2015 23:30
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Sujet : [Les inspirations] Les Enquêtes de Kindaichi
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Re: Les inspirations

Dans l’enquête de Kindaichi, à propos de la légende du trésor d’Amakusa, se trouvent de nombreuses références à l’histoire des chrétiens de cette région du Japon.

I Le dictionnaire latin-portugais-japonais
Dans l’épisode 97, on peut voir quelques images d’un livre écrit par des missionnaires chrétiens portugais.

La 1ère de couverture de ce livre est visible 9mn35 après le début de l’épisode 97, cf. le fichier ci-dessous.
Capture d’écran 2015-04-12 à 21.39.06.png
Capture d’écran 2015-04-12 à 21.39.06.png (129.83 Kio) Vu 34074 fois
Le titre et les sous titres sont écrits en haut de cette page.
Texte latin : Dictionarium latino lusitanicum ac iaponicum, ex Ambrosii Calepini volumine depromptum : in quo omissis nominibus propriis tam locorum quam hominum, ac quibusdam aliis minus usitatis, omnes vocabulantur significationes, elegantioresque dicendi modi apponuntur : in usum et gratiam iaponicae iuuentutis, quae latino idiomati operam nauat, nec non europeorum, qui iaponicum sermonem addiscunt.
Traduction française : Dictionnaire latin-portugais-japonais, basé sur le livre d’Ambrogio Calepino, dans lequel il n’y a pas de noms propres de lieux ou d’hommes ni de termes peu usités, les significations de tous les mots et des manières convenables de parler sont présentées à l’usage et l’agrément de la jeunesse japonaise qui étudie avec soin la langue latine et pour les européens, qui apprennent à s’exprimer en japonais.

Le bas de la page présente le lieu d’édition, les auteurs et l’année de parution de ce livre :
Texte latin : in Amacusa in collegio iaponico societatis iesu. cum facultate superiorum.
ANNO M.D.X. C V

Traduction française : à Amakusa dans le collège japonais de la société de Jésus avec l’éminente faculté.
Année 1595

Entre ces 2 textes, d’autres mots latins sont écrits sur une ellipse : texte latin : IESU NRA (l’abréviation de NOSTRA) REDE[M]PTIO
traduction française : JESUS NOTRE REDEMPTION

Cette ellipse encadre le blason des jésuites. Il s’agit d’un soleil, avec ses rayons, à l’intérieur duquel sont visibles de haut en bas : une croix, le monogramme IHS et les 3 clous de la crucifixion. Le monogramme IHS est une abréviation du nom de « Jésus » en grec : I (iota) =J, H (êta)= È et S (sigma)= S. JES. = JESUS et IHS. = IHSOUS (en grec).

On peut en conclure que ce dictionnaire latin-portugais-japonais était utilisé par des jésuites d’origine portugaise. Ils apprenaient le latin à des japonais d’Amakusa qui voulaient devenir prêtre pour leur permettre de dire des messes en latin.

[]Un extrait autre de ce dictionnaire est montré, 9mn44 après le début de l’épisode 97. Il s’agit de la définition du mot latin santerna, ae (un mot de la 1ère déclinaison) qui se trouve en haut à droite de la page 715 : cf. le fichier joint de la page 715
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Sur cette page, on remarque à chaque définition la présence de 2 abréviations. La 1ère : Lus. (lusitanicum) annonce une définition en portugais et la 2nd : Iap. (iaponicum) annonce une définition en japonais.
Pour arriver à une traduction, j’ai alors eu recours au dictionnaire qui a inspiré celui d’Amakusa, Il s’agit du dictionnaire D’Ambrogio Calepino (1535-1511) dont la 1ère édition date de 1502 (Ambrosii Calepini dictionarium, quanta maxima fide ac diligentia fieri potuit accurate emendatum multisque partibus cumulatum. Adjectae sunt latinis dictionibus, hebraea graecae, gallicae, italicae, germanicae et hispanicae. Accesserunt insignes loquendi modi lectiores etymologiae, opposita, translationes, adagia ex optimis quibusque auctoribus decerpta). Ce dictionnaire a été réédité de nombreuses fois et il a inspiré plusieurs dictionnaires dont celui écrit à Amakusa.
J’ai retrouvé sur la page 1122 de l’édition datant de 1578 du dictionnaire de Calepino, sur laquelle apparaît la définition de santerna (dans la colonne de droite, la 7ème définition en partant du bas) :
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Dans ce livre la défintion de Santerna, santernae, est (en latin) : chrysocollae genus est, quo aurifices utuntur ad auri ferruminationem.
Traduction en français : Une sorte de borax que les orfèvres utilisent pour souder l’or.