[Les inspirations] Les Enquêtes de Kindaichi

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theseus1
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Re: Les inspirations

Message par theseus1 »

L’enquête de Kindaichi « meurtres à l’hôtel occidental » est au départ un jeu de rôle sur le thème du meurtre dans un hôtel.

I murder party
Cette enquête est inspirée du jeu de « murder party » (cf. wikipedia).
Une murder party est un jeu de rôle consistant à résoudre une énigme policière, en incarnant les protagonistes de l'histoire. Il s'agit d'une forme de jeu de rôle, en grandeur nature, un croisement entre théâtre d'improvisation, jeu d'enquête, aventure policière. L'un des intérêts principaux du jeu est de jouer les rôles des personnages d'une histoire criminelle.
Au début des années 1930, certains hôtels luxueux d'Angleterre organisèrent les premières murder parties. Dans une atmosphère très british, ils proposaient des week-ends policiers au cours desquels leurs clients fortunés jouaient au détective-amateur sans toutefois vraiment s'impliquer dans un rôle. Des comédiens dissimulés parmi la population de l'hôtel (personnel et clients) déroulaient la trame d'une intrigue policière devant les yeux ébahis des participants, qui assistaient plus à une espèce de film qu'ils ne prenaient vraiment part à l'enquête.
Chaque joueur ne connait au départ que ce que son personnage sait de l'histoire : qui il est, pourquoi il est là, s'il est l'assassin. Seul l'organisateur connait les objectifs et détails de l'histoire. L'assassin cherchera à ne pas se faire démasquer, les enquêteurs tenteront de le trouver, tout en respectant les motivations de leur rôle comme s'ils étaient vraiment le personnage qu'ils vont incarner.
Il s'agit d'ailleurs ici du principe général de tout jeu de rôle : chaque joueur doit incarner et jouer son personnage du mieux possible, en respectant en priorité absolue les enjeux, le caractère, le contexte du personnage. Le joueur doit disparaitre derrière le personnage.

II Momotaro
Au début de l’épisode 70 de l’animé qui fait partie de l’enquête de « l’hôtel occidental », Hajime, Miyuki, Fumi et Saki sont réunis (ce n’est pas le cas dans le manga…). Fumi dit : « Nous sommes des amis : singe, chien et faisan ». Et Hajime répond : « Et moi je suis Momotaro ! »
C’est une référence explicite au mythe japonais de Momotaro. Selon la légende, Momotarō est venu sur Terre dans une pêche qui descendait une rivière. Cela explique son nom qui signifie « garçon de pêche » en japonais. Il a été découvert par une vieille femme qui y lavait son linge. Celle-ci l'a adopté et élevé avec son mari. Momotarō leur explique qu'il a été envoyé par les cieux pour être leur fils.
Cependant, Momotarō était paresseux et trouvait des excuses pour ne pas travailler. Quand il se décida à aller chercher « un peu » de bois, il revint avec un arbre énorme. Ceci attira sur lui l'attention du seigneur, lequel lui demanda de quitter ses parents pour aller combattre des démons sur l'île d'Onigashima.
En chemin, Momotarō rencontre un chien, un singe et un faisan avec lesquels il se lie d'amitié. Ils vaincront les démons et leur chef, Ura. Il retournera chez ses parents avec ses amis et le trésor des démons. Lui et sa famille passèrent une vie agréable tous ensemble. (cf. wikipedia).

III Des mythes grecs évoqués

A – Narcisse
Dans le tome 8 du manga Kindaichi (pas dans l’animé), on apprend que la pièce qui est jouée dans « l’hôtel occidental » s’intitule « le miroir de Narcisse » et qu’elle a pour sujet des meurtres.
C’est une allusion claire à la légende de Narcisse. Ce chasseur est tombé amoureux de lui-même en regardant son reflet dans une source et à cause de cela, juste après, il s’est suicidé (cf. Ovide, Métamorphoses, III, 416-503). (Auparavant, le devin Tirésias avait prophétisé que Narcisse vivrait longtemps : s’il ne se connait pas. cf. Ovide, Métamorphoses, 322-348.)

B – Persée et Méduse
Dans les tomes 8 et 9 du manga Kindaichi (pas dans l’animé), on voit, dans « l’hôtel occidental », la statue du héros Persée qui porte un bouclier et une épée, la statue de la gorgone Méduse qui a des serpents à la place des cheveux.
Selon le mythe, les gorgones pouvaient pétrifier tous ceux qui croisaient son regard. C’est Persée qui a tué Méduse (la seule gorgone mortelle), après s’être procuré notamment des sandales ailées permettant de voler. D’après la bibliothèque d’Apollodore (II, 4, 2) (traduction de J.C. Carrière et B. Massonie) : « Persée se plaça au dessus de leurs corps endormis [des gorgones] et, grâce à l’aide d’Athéna qui dirigeait son bras, en tournant la tête et en fixant un bouclier de bronze où il voyait le reflet de la gorgone, il décapita Méduse. » D’ailleurs le bouclier de Persée a son utilité dans l’enquête de Kindaichi à « l’hôtel occcidental »...
theseus1
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Message par theseus1 »

Dans les épisodes 109 et 110 de Kindaichi, où se déroule l’enquête « le concert magnifique du jeune Akechi », est évoqué l’opéra « Der Freischütz » crée par Carl Maria Von Weber en 1820. D’ailleurs, on peut entendre à la 19ème minute de l’épisode 109, l’ouverture de cet opéra (cf. la video du concert ci-joint) : https://www.youtube.com/watch?v=QAgjGeML0cE .

La traduction littérale de der freischütz est : le franc tireur.
Voici le résumé de l’opéra der freischütz :
L’action se passe en Bohème, au XVII siècle. Max, jeune garde-chasse du Prince, considéré comme le meilleur tireur des environs, se désole car il vient de perdre un concours de tirs, où a triomphé un simple paysan, Killian. Max doit participer le lendemain à un autre concours de tirs qu’il doit absolument gagner pour obtenir la main de celle qu’il aime, Agathe. Le forestier Kaspar, qui a vendu son âme au maléfique Samiel propose alors à Max de lui procurer des balles magiques. Dans l’effrayante Gorge aux loups, les deux hommes fondent sept balles qui ne ratent jamais leur but. Max ignore que la dernière obéira à la volonté de Samiel et qu’elle est destinée à sa fiancée, Agathe. Le concours de tirs se déroule en présence du Prince qui ordonne à Max de tirer sur une colombe : la colombe s’envole et Agathe tombe inanimée. Heureusement elle n’est pas morte car un ermite a détourné le coup sur le sinistre Kaspar qui meurt en blasphémant. Max avoue avoir pactisé avec le diable par désespoir et faiblesse et le Prince lui impose un délai d’un an avant de pouvoir épouser Agathe.

On remarque que l’enquête d’Akechi (épisode 110) fait référence aux 7 balles magiques de Der Freischütz.
theseus1
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Re: Les inspirations

Message par theseus1 »

Hanako san

Dans l’enquête de Kindaichi « l’école fantôme » (épisodes 122 -123 -124) se trouve des allusions au fantôme d’Hanako-san qui apparaît dans les toilettes.
C’est une référence à la légende urbaine japonaise d’Hanako-san qui est le fantôme d’une terrifiante jeune fille qui hante les toilettes des filles dans certaines écoles (par exemple à Kurosawajiri).

À la fin de l’épisode 122 de Kindaichi, le vêtement d’Hanako est décrit (par une fillette qui apparaît plusieurs fois dans cette enquête) : à l’origine elle portait une blouse blanche qui est devenue rouge à cause du sang qu’elle a vomi, avant de mourir peu après dans les toilettes.
De même, dans cette légende urbaine japonaise, Hanako-san est généralement décrite comme étant habillée avec un vêtement rouge et elle est censée être morte dans les latrines.
(Il existe plusieurs versions de la mort d’Hanako san dans les toilettes : tuée par un la chute d’un obus pendant la seconde guerre mondiale, ou assassinée ou suicidée.)

Comme dans cette enquête de Kindaichi, la visite chez Hanako san (dans les toilettes) est souvent utilisée comme test de courage ou bizutage dans plusieurs écoles du Japon.

Finalement, on apprend à l’épisode 124, que la fillette qui apparaît souvent dans cette enquête de Kindaichi, s’appelle aussi Hanako et quelle est morte avant cette enquête (c’est un spectre) ; d’ailleurs il y a une grande ressemblance entre ses vêtements et ceux qui sont portés traditionnellement par le fantôme d’Hanako-san.
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theseus1
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Re: Les inspirations

Message par theseus1 »

Deep blue : épisodes 126 à 130

I Des évocations de terres immergées
A Le site sous-marin Yonaguni[/u]
- Dans l’enquête de Kindaichi sur l’île « Deep blue » (bleu profond), qui se trouve dans les environs d’Okinawa dans l’archipel des Ryukyu, (situé au sud du Japon), de mystérieuses ruines immergées sont évoquées. (On peut voir ce site sous-marin au début de l’épisode 126, notamment juste avant l’apparition du titre).
Il s’agit d’évocation claire du site sous-marin de Yonaguni. C’est une formation gréseuse (en grès) sous-marine située, à 22 mètres de profondeur, dans les eaux de la pointe d’Arawa, à l’extrémité sud de l’île Yonaguni dans l’archipel japonais Ryukyu. (cf. la carte ci-joint : le numéro 50)
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Capture d’écran 2017-04-26 à 18.42.21.jpg (141.63 Kio) Vu 18201 fois
- Ce site sous-marin a été découvert en 1985 par le japonais Kihachiro Aratake, un organisateur de plongées touristiques. (Alors que dans le dessin anime Kindaichi, les ruines sous marines ont été découvertes, il y a longtemps, par le père de l’un des personnages de cette enquête.)

La structure sous-marine en question est constituée d’immenses plates-formes interrompues par des failles formant de grandes marches angulaires séparées par des parois à l’apparence lisse (les failles sont géologiquement récentes). La structure mesure plus ou moins 75 mètres de long et 25 mètres de haut. (cf. le schéma ci-joint et la vidéo de plongée ci-joint). https://www.youtube.com/watch?v=jO-G_54hBfs
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copie117.jpg (81.52 Kio) Vu 18201 fois
En raison de son apparence, il y a une controverse sur l’origine du site sous-marin de Yonaguni. Certaines personnes, parmi lesquelles des chercheurs imaginent que ce site sous-marin pouvait être d’origine humaine. Alors que, plusieurs géologues qui se sont interrogé sur l’origine de la structure de Yonaguni pensent que ce site est d’origine naturelle et qu’il n’existe aucune preuve de son éventuelle origine humaine.

B Des évocations de terres mythiques englouties sous la mer

a Une évocation de l’Atlantide
Dans cette enquête de Kindaichi, le site de Yonaguni induit l’évocation de la cité engloutie de l’Atlantide. En effet, au début de l’épisode 126, on entend une discussion au sujet de l’Atlantide dans laquelle on apprend que ce mythe est narré dans deux livres écrits par le philosophe grec et athénien Platon (428 à 348 avant J.-C.) : Timée (24e-25d) et Critias (113d-120).
Miyuki précise (au début de l’épisode 126) qu’Atlantis a été engloutie par les eaux en une nuit. Effectivement, dans le Timée (25c-25d), on peut lire que suite à des tremblements de terres l’île Atlantide disparut sous la mer en l’espace d’un jour et d’une nuit.
Peu après (dans l’épisode de Kindaichi), un autre personnage intervient dans cette discussion et ajoute que « vers 590 avant Jésus-Christ Platon aurait résidé à Saïs en Égypte et aurait appris le savoir du haut–clergé local sur les anciennes civilisations ». En fait, ce que l’on sait d’après le Timée (20d-25e), c’est que Critias (l’un des personnages du dialogue Timée) tenait le récit de l’Atlantide de son grand père Driopidès qui se l’était vu confier par Solon (un législateur athénien du début du VIème siècle avant J.-C.), et lui-même en aurait eu connaissance par un prêtre égyptien de la cité de Saïs.
Par ailleurs, dans cette affaire de Kindaichi une arme du nom d’orichalque est évoquée. Il s’agit d’un matériau utilisé dans l’Atlantide. L’orichalque, qui signifie étymologiquement le cuivre des montagnes, est mentionné dans le Critias (114e-119d) en tant que matériau précieux servant à la construction de plusieurs édifices de l’Atlantide (l’enceinte de l’acropole, le temple de Poseidon et la colonne sur laquelle est écrite la loi transmise par Poseidon).

b Une évocation du continent mu (µ)

Par ailleurs, le continent mu est aussi évoqué à cause du site immergé de Yonaguni. Le continent mu est un continent de légende imaginé par l’écrivain anglais James Churchward dans son livre Le continent perdu de mu qu’il a publié en 1926.

II Les noms d’emprunts des terroristes


A Les noms de dieux
Dans cette de Kindaichi plusieurs personnages qui sont des terroristes portent des surnoms de divinités de l’Antiquité.
Selon les sous titres de kfr fansub, que l’on peut lire lors de la 1ère mention de ces surnoms, ce sont des noms de divinités de l’Égypte antique. En effet, Ir est un dieu de la vue dans l’Égypte antique, Mout est une déesse égyptienne (dont le temple principal se trouve à Karnak) et Anat était aussi vénérée en Égypte (à Tanis).
Contrairement à cette affirmation, plusieurs divinités citées : sont, en fait, originaires du proche orient ancien, c’est à dire qu’elles étaient vénérées à l’origine dans des villes antiques situées sur les territoires actuels de la Syrie et du Liban (par exemple Ougarit) : Baal (un dieu de l’orage et de la fertilité), Yam (un dieu de la mer) et Anat (une déesse guerrière).

B Shisa
Dans cette enquête de Kindaichi, le chef des terroristes se surnomme Shisa. Un Shisa est une sculpture (en céramique ou en plâtre) d’un animal à mi chemin entre le chien et le lion décorant les toits des maisons anciennes de l’île d’Okinawa et dans d’autres îles de l’archipel Ryukyu, dont fait aussi partie Yonaguni (cf. la photo ci-joint).Ces sculptures servent de talisman contre les esprits.
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mugiwara
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Re: Les inspirations

Message par mugiwara »

Rien à dire, c'est super bien documenté comme d'hab.

J'ai fait de la plongé y a deux semaine juste à coté à Myakojima et c'était beau mais dans la vidéo ça à l'aire encore plus beau.
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